Téléphonie mobile et argent public: "Ces fonctionnaires
Verfasst: 3. Februar 2005 14:27
© Le Matin; 03.02.2005[0]; page 4
Le Matin Suisse
PORTABLES
Les communications font exploser les budgets
Ces fonctionnaires qui abusent de leurs natels
ZURICH : Les téléphones mobiles dans l'administration mettent de plus en plus les contribuables à contribution. D'autant que de nombreux employés n'en ont pas vraiment besoin
Les téléphones portables coûtent une petite fortune aux contribuables. En effet, de plus en plus de fonctionnaires, dit une récente étude publiée par Blick, ont recours au natel payé par l'Etat. Dans le seul canton de Zurich, le mobile coûte déjà par an quelque 3,6 millions de francs ; à Genève, les communications liées à ce genre de téléphone se chiffrent à 1,8 million. Au Tessin, un fonctionnaire sur cinq est en possession d'un telefonino. Mais la palme revient au canton de Fribourg qui, avec 550 portables pour 2400 fonctionnaires, atteint un taux de 23%.
En clair, les réseaux fixes sont de plus en plus impopulaires parmi les fonctionnaires. Dans le canton de Vaud, les factures de téléphones portables représentent aujourd'hui 60% de tous les coups de fil passés par l'administration. Et pourtant, avec 1200 portables pour 15 000 fonctionnaires, le taux vaudois de 8% n'est de loin pas le plus élevé.
Partout, les journalistes ont obtenu la même réponse de l'administration: les natels ne sont distribués que dans les secteurs où ils sont indispensables. Mais comment expliquer par exemple, ajoute le quotidien zurichois, que les 112 fonctionnaires du Département bernois de l'éducation ont droit à un portable payé par l'Etat ?
La palme à Soleure
Tous les cantons n'ont pas une attitude aussi dilapidatrice: avec un taux de téléphones portables de 5%, Soleure reste très éloigné de Fribourg. Mais ce chiffre va encore baisser durant les années à venir. « Dès 2006, souligne Anita Panzer, de la police cantonale, les 200 natels en service dans la gendarmerie seront retirés. A cette date, les communications radio seront suffisamment sécurisées. »
Autre reproche adressé aux administrations, elles ne font pas suffisamment jouer la concurrence et paient souvent les abonnements et les communications au prix fort. Tout au contraire, l'industrie privée se targue de payer les communications des natels qu'elle utilise de moins en moins cher.
Chez ABB, par exemple, les tarifs sont renégociés tous les six mois. Autronic, une entreprise de Dübendorf (ZH), a réussi à diminuer de moitié le coût lié aux portables de l'entreprise, juste en changeant de fournisseur. Chez Microsoft Suisse, les prix ont été comprimés à tel point que le leader de l'informatique n'utilise pratiquement plus le téléphone fixe. D'autres firmes, encore plus astucieuses, se mettent ensemble afin de faire baisser les prix.
Victor Fingal
Le Matin Suisse
PORTABLES
Les communications font exploser les budgets
Ces fonctionnaires qui abusent de leurs natels
ZURICH : Les téléphones mobiles dans l'administration mettent de plus en plus les contribuables à contribution. D'autant que de nombreux employés n'en ont pas vraiment besoin
Les téléphones portables coûtent une petite fortune aux contribuables. En effet, de plus en plus de fonctionnaires, dit une récente étude publiée par Blick, ont recours au natel payé par l'Etat. Dans le seul canton de Zurich, le mobile coûte déjà par an quelque 3,6 millions de francs ; à Genève, les communications liées à ce genre de téléphone se chiffrent à 1,8 million. Au Tessin, un fonctionnaire sur cinq est en possession d'un telefonino. Mais la palme revient au canton de Fribourg qui, avec 550 portables pour 2400 fonctionnaires, atteint un taux de 23%.
En clair, les réseaux fixes sont de plus en plus impopulaires parmi les fonctionnaires. Dans le canton de Vaud, les factures de téléphones portables représentent aujourd'hui 60% de tous les coups de fil passés par l'administration. Et pourtant, avec 1200 portables pour 15 000 fonctionnaires, le taux vaudois de 8% n'est de loin pas le plus élevé.
Partout, les journalistes ont obtenu la même réponse de l'administration: les natels ne sont distribués que dans les secteurs où ils sont indispensables. Mais comment expliquer par exemple, ajoute le quotidien zurichois, que les 112 fonctionnaires du Département bernois de l'éducation ont droit à un portable payé par l'Etat ?
La palme à Soleure
Tous les cantons n'ont pas une attitude aussi dilapidatrice: avec un taux de téléphones portables de 5%, Soleure reste très éloigné de Fribourg. Mais ce chiffre va encore baisser durant les années à venir. « Dès 2006, souligne Anita Panzer, de la police cantonale, les 200 natels en service dans la gendarmerie seront retirés. A cette date, les communications radio seront suffisamment sécurisées. »
Autre reproche adressé aux administrations, elles ne font pas suffisamment jouer la concurrence et paient souvent les abonnements et les communications au prix fort. Tout au contraire, l'industrie privée se targue de payer les communications des natels qu'elle utilise de moins en moins cher.
Chez ABB, par exemple, les tarifs sont renégociés tous les six mois. Autronic, une entreprise de Dübendorf (ZH), a réussi à diminuer de moitié le coût lié aux portables de l'entreprise, juste en changeant de fournisseur. Chez Microsoft Suisse, les prix ont été comprimés à tel point que le leader de l'informatique n'utilise pratiquement plus le téléphone fixe. D'autres firmes, encore plus astucieuses, se mettent ensemble afin de faire baisser les prix.
Victor Fingal